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La qualité en physiothérapie

La qualité se manifeste là où la physiothérapie a un réel impact: sur la vie quotidienne des patientes et des patients. Elle consiste à soulager les douleurs, à améliorer les fonctions et à aider les personnes à mener une vie aussi autonome et active que possible.

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Physioswiss s’engage pour une physiothérapie fondée sur des bases professionnelles solides, qui répond aux besoins des patientes et des patients, efficace et économique. Une conception commune de la qualité en constitue le socle.

La qualité comporte trois dimensions

Dans le domaine des soins, la qualité peut être structurée en trois dimensions interdépendantes, selon le modèle d’Avedis Donabedian:

Qualité de la structure – Quelles sont les conditions en place?

Ressources humaines et matérielles et structures

  • Formation et qualification
  • Ressources humaines et temporelles
  • Locaux et infrastructure
  • Équipements de travail adaptés

Qualité du processus – Comment agit-on?

Déroulement de la prise en charge et des soins physiothérapeutiques

  • Diagnostic et raisonnement clinique
  • Choix et réalisation des interventions
  • Décisions fondées sur des données probantes
  • Communication et définition d’objectifs communs avec les patient·e·s
  • Collaboration interprofessionnelle

Qualité du résultat – Qu’obtient-on?

Effets obtenus grâce à la prestation de physiothérapie

  • Amélioration de la fonction et de l’activité
  • Évolution des douleurs/des troubles
  • Atteinte des objectifs thérapeutiques individuels
  • Amélioration de la qualité de vie
  • Expérience et satisfaction des patient·e·s

La qualité des structures, des processus et des résultats est interdépendante. De bonnes conditions-cadres ne garantissent pas à elles seules un bon résultat. À l’inverse, le résultat d’un traitement ne peut être attribué exclusivement à la qualité de la prestation de physiothérapie. La qualité ne repose donc pas sur des éléments isolés, mais sur l’interaction continue entre ces trois dimensions.

La qualité est plus qu’un état

La qualité doit être garantie de manière fiable dans la pratique quotidienne, régulièrement contrôlée et développée de manière ciblée. L’assurance qualité et le développement de la qualité remplissent à cet égard des fonctions différentes, mais étroitement liées.

L’assurance qualité, un gage de fiabilité

L’assurance qualité se concentre sur l’existant. Elle veille au respect des exigences convenues, des normes professionnelles et des dispositions légales.

La question centrale est la suivante:

Comment s’assurer que nos prestations répondent de manière fiable aux exigences de qualité définies?

L’assurance qualité rend la qualité vérifiable et renforce la confiance des patientes et patients, des physiothérapeutes et des organismes payeurs.

Le développement de la qualité, un gage de progrès

Le développement de la qualité va plus loin. Il s’appuie sur les expériences, les retours d’expérience et les résultats issus de la pratique afin d’identifier les possibilités d’amélioration et d’amorcer des changements.

La question centrale est la suivante:

Comment tirer des enseignements de notre pratique et améliorer durablement les structures, les processus et les résultats?

Le développement de la qualité crée un espace propice à l’apprentissage, à l’innovation et au développement commun de la physiothérapie.

Deux missions, un objectif commun

L’assurance qualité et le développement de la qualité ne s’opposent pas. Ils se complètent et se renforcent mutuellement:

  • L’assurance qualité donne des repères et garantit des normes fiables.
  • Le développement de la qualité questionne les pratiques existantes et met en évidence les possibilités d’amélioration.
  • Les nouvelles connaissances sont intégrées dans l’assurance qualité et peuvent conduire à l’adaptation des normes existantes ou à l’élaboration de nouvelles normes.

Il en résulte un cycle continu: la qualité existante est assurée, les expériences sont analysées, les améliorations sont mises en œuvre et les solutions qui ont fait leurs preuves sont établies en tant que nouvelles normes.

Ce qui est amélioré aujourd’hui constitue la norme de qualité de demain.

L’assurance qualité

L’assurance qualité englobe toutes les mesures contribuant à garantir de manière fiable un niveau de qualité défini. Il peut notamment s’agir de processus de traitement traçables, d’une documentation appropriée, de qualifications professionnelles, ainsi que d’une gestion rigoureuse des retours d’expérience ou des écarts constatés.

L’assurance qualité fournit des repères contraignants pour le quotidien professionnel et rend les processus importants traçables et vérifiables. Son objectif est de garantir le respect des exigences professionnelles, légales et contractuelles, de réduire les erreurs et les risques évitables et de créer un cadre sécurisé pour la prise en charge des patient·e·s.

La question centrale est la suivante:

Comment s’assurer que les normes et les exigences convenues sont respectées au quotidien?

L’assurance qualité porte avant tout sur ce qui doit être en place et fonctionner de manière fiable.

Les physiothérapeutes sont confronté·e·s à l’assurance qualité au quotidien, souvent sans la désigner explicitement comme telle. Elle commence dès les conditions d’exercice de la profession et s’étend jusqu’à l’organisation concrète d’un traitement.

La physiothérapie est une profession de santé réglementée. La formation, l’autorisation d’exercer et les obligations professionnelles définissent le cadre contraignant de l’activité. Les physiothérapeutes ont la responsabilité d’agir dans le respect des règles de la profession, de respecter les limites de leurs compétences et de maintenir leurs connaissances à jour.

La qualité est également assurée au niveau du cabinet ou de l’organisation. Cela comprend par exemple:

  • La formation de base, postgrade et continue
  • Un système de gestion de la qualité avec des responsabilités et des processus clairement définis
  • Des locaux adaptés et une infrastructure sûre
  • Des protocoles d’hygiène et d’urgence
  • La protection des données et la sécurité de l’information
  • L’utilisation conforme des dispositifs médicaux
  • Une documentation traçable des résultats d’examen, des traitements et de leur évolution
  • La gestion systématique des erreurs, des réclamations et des retours d’expérience
  • Le respect des principes de smarter medicine

L’assurance qualité permet d’apporter des réponses fiables à des questions essentielles:

  • Les conditions professionnelles et organisationnelles nécessaires sont-elles réunies?
  • Les exigences, les procédures et les responsabilités sont-elles connues?
  • Les normes convenues sont-elles respectées dans le cabinet?
  • Les décisions et les processus pertinents sont-ils documentés de manière traçable?
  • Les risques sont-ils identifiés à temps et traités de manière appropriée?

Une norme à elle seule ne garantit pas encore une bonne prise en charge. Elle en constitue toutefois une base importante.

L’assurance qualité et le développement de la qualité sont étroitement liés. L’assurance qualité veille à ce que les exigences et les normes définies soient respectées de manière fiable. Le développement de la qualité intervient lorsque les expériences, les retours d’expérience ou les données sont utilisés pour évaluer les pratiques existantes et les améliorer de manière ciblée.
L’assurance qualité et le développement de la qualité sont étroitement liés. L’assurance qualité veille à ce que les exigences et les normes définies soient respectées de manière fiable. Le développement de la qualité intervient lorsque les expériences, les retours d’expérience ou les données sont utilisés pour évaluer les pratiques existantes et les améliorer de manière ciblée.

Illustration de cette interaction à travers l’exemple du protocole d’hygiène: le protocole d’hygiène définit des procédures contraignantes. Son application dans la pratique quotidienne contribue à l’assurance qualité. Si des observations ou des retours d’expérience montrent qu’une procédure ne fonctionne pas comme prévu, celle-ci est réexaminée et adaptée. L’évaluation ultérieure de l’efficacité de cette modification relève ensuite du développement de la qualité.

Il en résulte un cycle continu: les normes apportent de la sécurité, les expériences mettent en évidence les potentiels d’amélioration et les améliorations qui ont fait leurs preuves sont intégrées dans de nouvelles normes ou utilisées pour adapter les normes existantes.

Les physiothérapeutes sont responsables de la qualité de leur travail. Les cabinets et les organisations doivent mettre en place les conditions nécessaires à un traitement sûr et conforme aux exigences professionnelles.

Le contrôle administratif relève de la compétence des cantons. Dans le cadre de leur surveillance en matière de police sanitaire, les services cantonaux compétents vérifient le respect des exigences légales. Sont notamment contrôlés les conditions d’exercice de la profession et les critères d’admission en tant que fournisseur de prestations, le respect de l’obligation de formation continue et des normes de la branche, ainsi que, au niveau du cabinet, la mise en place d’un système de gestion de la qualité.

Le développement de la qualité

Le développement de la qualité est un processus continu. Son objectif est d’améliorer systématiquement les structures, les processus et les résultats thérapeutiques.

Il peut s’appuyer sur des expériences issues de la pratique quotidienne, des retours d’expérience, des données ou de nouvelles connaissances scientifiques. Le développement de la qualité peut par exemple consister à examiner les protocoles de soins, à intégrer de nouvelles connaissances scientifiques, à renforcer la collaboration au sein de l’équipe soignante ou à prendre systématiquement en compte le point de vue des patientes et patients.

Lorsqu’un potentiel d’amélioration est identifié, des changements sont planifiés et mis en œuvre, puis leur efficacité est évaluée.

La question centrale est la suivante:

Comment tirer des enseignements de notre pratique et améliorer les structures, les processus et les résultats?

Le développement de la qualité commence souvent par une observation concrète:

  • Un patient ou une patiente ne comprend pas suffisamment les exercices
  • Un processus au sein du cabinet ne fonctionne pas comme prévu à plusieurs reprises
  • Une incertitude apparaît lors d’une discussion de cas
  • Un événement critique est signalé
  • Les résultats du traitement s’écartent des attentes
  • De nouvelles découvertes scientifiques remettent en question la pratique actuelle

Une observation à elle seule ne conduit toutefois pas encore à une amélioration. L’essentiel est de la prendre en compte et de la traiter de manière systématique:

Identifier → Comprendre → Améliorer → Vérifier → Poursuivre l’apprentissage

Le développement de la qualité consiste à mener une réflexion sur son propre travail et à en tirer des changements concrets à partir des expériences, des données et des connaissances. Il ne s’agit pas pour autant de juger insuffisantes les prestations réalisées jusqu’à présent. Même une prise en charge qui fonctionne bien peut et doit être perfectionnée.

Le développement de la qualité s’appuie sur les structures et les normes existantes. Les expériences et résultats sont analysés, les possibilités d’amélioration sont identifiées et les mesures appropriées sont testées.

Si un changement fait ses preuves, il peut être intégré aux processus habituels et devenir la nouvelle norme. Cette norme constitue à son tour le point de départ de la prochaine amélioration.

Le développement de la qualité n’est donc pas un projet ponctuel. Il s’agit d’un processus d’apprentissage continu.

Ce qui fait ses preuves devient la nouvelle norme, et donc la base de la prochaine amélioration.

Le cycle PDCA est un modèle éprouvé permettant de planifier, de mettre en œuvre et de vérifier les améliorations de manière structurée. Les quatre étapes se répètent en boucle.

PLAN – Planifier

Un problème ou un potentiel d’amélioration est identifié et analysé.
Trois questions sont utiles à cette étape:

  • Que souhaitons-nous améliorer?
  • Pourquoi ce changement est-il important?
  • À quoi reconnaissons-nous qu’il est efficace?

Un objectif concret et des mesures adaptées sont ensuite définis.

DO – Mettre en œuvre

Le changement prévu est mis en œuvre dans la pratique quotidienne. De nouvelles mesures peuvent d’abord être testées dans un cadre limité.
On consigne alors ce qui a été mis en œuvre et les observations qui ont été faites.

CHECK – Vérifier

Une fois la mise en œuvre effectuée, on vérifie si le changement a produit l’effet escompté.
Les informations suivantes peuvent notamment être utilisées à cet effet:

  • Observations issues de la pratique quotidienne
  • Retours des patientes et patients
  • Retours des collaboratrices et collaborateurs
  • Données relatives aux procédures et aux processus
  • Résultats des traitements
ACT – Adapter et perfectionner

Les résultats sont évalués:

  • Qu’est-ce qui a fonctionné?
  • Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné?
  • Que faut-il adapter?
  • Que faut-il intégrer dans la procédure habituelle?

Les changements qui ont fait leurs preuves sont ancrés dans la pratique clinique. Les mesures n’ayant pas produit l’effet escompté sont adaptées ou abandonnées. Le cycle d’amélioration suivant peut ensuite commencer.

PLAN → DO → CHECK → ACT → nouveau point de départ

Le développement de la qualité peut s’appliquer à différents aspects du quotidien professionnel.
En voici quelques exemples:

  • Cercles de qualité
  • Discussions de cas structurées
  • Supervisions professionnelles
  • Tirer des enseignements des signalements CIRS et mettre en œuvre des améliorations
  • Enquêtes suivies d’une amélioration des processus
  • Gestion des réclamations suivie d’une amélioration des processus
  • Mesures des résultats (outcome) avec analyse et définition de mesures
  • Vérification et adaptation des processus du cabinet
  • Analyse des données de soins avec définition de mesures

Un même instrument peut remplir différentes fonctions.

Un instrument à lui seul ne suffit pas à garantir le développement de la qualité. Ce qui est déterminant, c’est la manière dont les informations recueillies sont exploitées.

Une discussion de cas faisant suite à un signalement CIRS contribue, par exemple, au développement de la qualité lorsque:

  1. l’événement est analysé collectivement,
  2. des enseignements concrets en sont tirés,
  3. des mesures d’amélioration sont convenues,
  4. ces mesures sont mises en œuvre et
  5. leur efficacité est vérifiée ultérieurement.

Il en va de même pour les enquêtes, les mesures des résultats ou les réclamations: ce n’est que lorsque les résultats donnent lieu à des changements concrets, dont l’efficacité est ensuite évaluée, qu’ils contribuent au développement de la qualité.

Le développement de la qualité est réglementé de manière contraignante dans la convention de qualité selon l’art. 58a LAMal.

Les associations de fournisseurs de prestations et les assureurs y définissent conjointement des mesures de la qualité et des mesures de développement de la qualité. La convention définit également les modalités de contrôle de leur mise en œuvre et de leur respect.

Les physiothérapeutes ainsi que les organisations fournissant des prestations à la charge de l’assurance obligatoire des soins sont tenu·e·s de respecter les règles convenues.